L'essentiel en 30 secondes

  • Une fiche technique d'ouvrage décrit un ouvrage fini, à l'article du CCTP : matériau, performances, mise en œuvre, localisation. Sans prix ni quantité.
  • Rédigée par vous, chiffrée par l'entreprise : rien à voir avec une fiche produit, une FDES ou une ligne de devis.
  • Dix champs, de la consistance aux notes internes, puis une ligne « Non compris ».
  • Son numéro d'article (lot.chapitre.article) est le même sur la ligne de DPGF, le devis de l'entreprise et le PV de réception.
  • Une norme s'y cite par référence, titre et version, jamais par son contenu.

Qu'est-ce qu'une fiche technique d'ouvrage, et qu'est-ce que ce n'est pas ?

Une fiche technique d'ouvrage décrit un ouvrage fini, à l'article du CCTP : ce qui est livré, avec quelles caractéristiques, selon quelle référence d'exécution, à quel endroit. Elle ne porte ni prix ni quantité. Une par ouvrage, numérotée comme sa ligne de DPGF.

Quatre documents portent un nom voisin sans être la même chose :

  • La fiche technique produit, rédigée par le fabricant : dimensions, composition, performances d'un produit du commerce. Vous la demandez à l'entreprise comme justificatif.
  • La FDES (fiche de déclaration environnementale et sanitaire), déposée dans la base INIES : les impacts environnementaux d'un produit, rien sur la pose.
  • La notice descriptive d'un logement vendu sur plan ou en contrat de maison individuelle : un document réglementaire, sur modèle type, destiné à l'acquéreur.
  • La ligne de devis, rédigée par l'entreprise : désignation courte, quantité, prix. Elle répond à votre fiche, elle ne la remplace pas.

La fiche forme la troisième couche du CCTP, sous les Généralités et les prescriptions par lot, et se rédige en phase PCG (projet de conception générale, au contrat CFAI), avant la consultation.

Pourquoi une fiche par ouvrage plutôt qu'un CCTP rédigé en prose ?

Parce que l'entreprise ne lit pas un CCTP de quarante pages : elle cherche les ouvrages de son lot et chiffre ce qu'elle y trouve. Une fiche par ouvrage, toujours construite de la même façon, se lit en une minute, se chiffre ligne à ligne, se contrôle à la réception et se réutilise d'un projet à l'autre.

Le plaquiste ouvre le lot 02 et trouve chaque ouvrage sur une fiche aux mêmes rubriques, là où la prose le fait renoncer au bout de vingt lignes. Il remplit le prix de la ligne 02.1.3 en face de la fiche 02.1.3, et deux offres se comparent poste à poste. En AOR (assistance aux opérations de réception), une réserve vise une fiche : « 02.1.3, joints visibles » (voir notre modèle de PV de réception). Enfin, d'un appartement au suivant, la fiche se reprend ; la prose se copie avec ses erreurs.

Quels champs renseigner ? Les dix champs d'une fiche complète

Une fiche complète renseigne dix champs : consistance, caractéristiques typées, mise en œuvre et référence d'exécution, localisation et repère au plan, produit de référence, documents attendus, interfaces avec les lots voisins, points à confirmer en chantier, sous-postes et plus-values, notes internes. Chaque champ pose une question utile avant la consultation.

ChampLa question à se poserExemple
1. Consistance de l'ouvrageQu'est-ce qui est livré, en une phrase ?Fourniture et pose d'un bloc-porte à âme pleine, huisserie bois, prêt à peindre.
2. Caractéristiques typéesQuelles valeurs mesurables tenir ?Passage 83 × 204 cm ; affaiblissement acoustique ; classement UPEC.
3. Mise en œuvre et référence d'exécutionSelon quel texte, à quelle version ?NF DTU 36.2, Menuiserie intérieure et agencement, bois et autres matériaux, P1-1, novembre 2025.
4. Localisation et repère au planOù, sur quel plan, à quel indice ?Chambres 1 et 2, plan A-02 indice C, repères P3 et P4.
5. Produit de référenceQuel produit fixe la qualité, sans l'imposer ?Modèle du carnet de finitions, ou techniquement équivalent soumis au visa du maître d'œuvre.
6. Documents et justificatifs attendusQue remet l'entreprise, et quand ?Fiche technique fabricant, PV d'essai, notice d'entretien au DOE.
7. Interfaces avec les lots voisinsQui fait quoi autour de l'ouvrage ?Huisserie posée avant les enduits du lot 02 ; peinture par le lot 07.
8. Points « à confirmer en chantier »Que ne peut-on pas figer aujourd'hui ?Sens d'ouverture, après figeage du plan.
9. Sous-postes et plus-valuesQue chiffre l'entreprise à part ?Sous-poste : butée de porte. Plus-value : version acoustique.
10. Notes internesQue dois-je savoir, et pas l'entreprise ?« Le client hésite sur la teinte. » Jamais transmises.

Puis « Non compris ». Ce que l'entreprise pourrait croire inclus : « peinture (lot 07), serrure de sûreté, dépose de l'ancienne huisserie (01.2.4) ». Ni quantité ni prix : ils vivent dans la DPGF, avec l'unité et le mode de mesure (voir notre guide du métré en rénovation), sinon la fiche crée une seconde source de vérité.

Pour le champ 3, la règle du CCTP vaut : référence, titre, partie et version, contrôlées contre la liste des DTU du CSTB, jamais le contenu, qui est protégé. Les références lot par lot sont dans notre liste des NF DTU pour la rénovation intérieure.

Le numéro d'article : pourquoi est-il la clé entre CCTP, DPGF et devis ?

Le numéro d'article identifie un ouvrage dans toutes les pièces du marché. Il se lit lot.chapitre.article : 05.1.2 désigne le lot 05 Menuiserie intérieure, chapitre 1 Portes, article 2. Le même numéro figure sur la fiche technique, sur la ligne de prix de la DPGF, sur le devis de l'entreprise et sur le PV de réception.

Sans numéro commun, personne ne peut prouver que « cloison SDB » (CCTP), « cloison 98/48 » (DPGF) et « cloison placo hydrofuge » (devis) désignent le même ouvrage. Trois règles :

  • Le numéro se déduit de la position, il ne se tape pas : saisi à la main, il ne survit pas à l'insertion d'un article.
  • Une fiche, une ligne, un numéro. Fourniture et pose séparées donnent une fiche et un sous-poste, jamais une fiche orpheline.
  • Le numéro ne bouge plus après l'envoi. Renumérotez pendant la consultation, et les prix remis ne correspondent plus à rien.

La structure de la DPGF est détaillée dans notre exemple de DPGF commenté.

À quoi ressemble une fiche complète ? Quatre fiches commentées

Quatre fiches types pour un appartement, rédigées sur les dix champs et numérotées lot.chapitre.article : un bloc-porte, une cloison en plaques de plâtre, la faïence d'une salle de bain et un tableau électrique. Chacune est suivie de ce qu'elle doit fixer.

Lot 05 – Menuiserie intérieure · 05.1.2 Bloc-porte intérieur

05.1.2 Bloc-porte intérieur, chambres 1 et 2. Consistance : fourniture et pose d'un bloc-porte à âme pleine, huisserie bois, prêt à peindre. Caractéristiques : passage 83 × 204 cm ; quincaillerie au carnet de finitions. Mise en œuvre : NF DTU 36.2, Menuiserie intérieure et agencement, bois et autres matériaux, P1-1, novembre 2025. Localisation : plan A-02 indice C, repères P3 et P4. Produit de référence : modèle du carnet de finitions, ou techniquement équivalent soumis au visa du maître d'œuvre. Interfaces : huisserie posée avant les enduits du lot 02 ; peinture par le lot 07. À confirmer en chantier : sens d'ouverture, tant que le plan n'est pas figé. Non compris : peinture, serrure de sûreté.

À fixer : le sens d'ouverture, ou de coulissement, reste « à confirmer » tant que le plan n'est pas figé : un bloc-porte commandé dans le mauvais sens ne se retourne pas. Le NF DTU 36.2 a changé de titre en novembre 2025 ; une fiche reprise d'un ancien projet cite probablement l'ancien.

Lot 02 – Plâtrerie, cloisons · 02.1.3 Cloison en plaques de plâtre

02.1.3 Cloison chambre 2 / salle de bain. Consistance : cloison sur ossature métallique, deux plaques par parement, laine minérale en âme, plaques hydrofugées côté salle de bain, prête à peindre. Caractéristiques : épaisseur 98 mm ; performance acoustique attendue Rw + C ≥ 42 dB, justifiée par le PV d'essai du système. Mise en œuvre : NF DTU 25.41, Ouvrages en plaques de plâtre – Plaques à faces cartonnées, P1-1, février 2022. À confirmer en chantier : hauteur réelle après dépose du faux plafond. Non compris : peinture, faïence (08.2.1).

À fixer : la performance acoustique s'écrit en valeur attendue, avec le justificatif qui la prouve : « cloison acoustique » sans chiffre ne vaut rien à la réception. La composition revient à l'entreprise.

Lot 08 – Carrelage, faïence · 08.2.1 Faïence de salle de bain

08.2.1 Faïence murale, salle de bain. Consistance : fourniture et pose collée de faïence sur les murs de la douche, toute hauteur. Caractéristiques : format 30 × 60 cm, pose droite, joints 2 mm. Mise en œuvre : NF DTU 52.2, Pose collée des revêtements céramiques et assimilés – Pierres naturelles, P1-1-1 (murs intérieurs), juin 2022 ; protection à l'eau sous carrelage en zone de douche exécutée par le présent lot selon la P1-1-4 (juin 2022) du même DTU. Produit de référence : carreau du carnet de finitions, ou techniquement équivalent soumis au visa du maître d'œuvre. Interfaces : après les réseaux et platines du lot 04, qui pose les appareils après carrelage. À confirmer en chantier : calepinage autour de la robinetterie. Non compris : étanchéité des traversées (lot 04), miroir.

À fixer : la protection à l'eau sous carrelage a un propriétaire écrit : ici le carreleur, et le plombier s'arrête aux platines. Laissée implicite, chaque lot pense que l'autre la fait. Hors du champ de la P1-1-4, exigez l'Avis Technique du système retenu.

Lot 03 – Électricité · 03.1.1 Tableau électrique

03.1.1 Tableau de répartition du logement. Consistance : remplacement du tableau existant, réserve d'emplacements comprise, raccordement des circuits conservés et créés. Caractéristiques : protections selon le schéma E-00. Mise en œuvre : NF C 15-100, Installations électriques à basse tension, édition 2024. Documents : schéma unifilaire à jour et étiquetage des circuits, remis au DOE. À confirmer en chantier : état des circuits conservés après dépose. Non compris : reprise des circuits non touchés par le projet.

À fixer : aucun DTU ne couvre la pose électrique : la référence est la NF C 15-100, dont seule l'édition 2024 s'applique depuis le 1er septembre 2025 (Apave). Le schéma du tableau remis au DOE sera lu par le prochain électricien : demandez-le dans la fiche, pas en fin de chantier.

Dans Nodal, 43 ouvrages types ont déjà leur fiche composée (désignation, points, non compris, norme citée) : vous l'adaptez au lieu de partir d'une page blanche. Le détail est sur la page du module Devis & chiffrage.

Quelles sont les erreurs les plus fréquentes dans une fiche technique ?

  • La fiche recopiée d'un autre projet. Le repère au plan renvoie à l'appartement précédent : l'entreprise en déduit que rien n'a été relu, et chiffre avec marge.
  • La marque imposée sans « ou équivalent ». Le produit est en rupture, aucune alternative n'est recevable, le planning attend. Seul le Code de la commande publique (art. R. 2111-7) impose la mention, en marché public ; en marché privé, vous portez seul le risque.
  • La norme sans version. « Conforme au DTU 36.2 » renvoyait, jusqu'en novembre 2025, à un texte qui ne couvrait pas l'agencement.
  • L'interface entre lots laissée implicite. Protection à l'eau, calfeutrement des huisseries, rebouchage des saignées : si la fiche ne nomme pas le lot, deux entreprises le chiffrent, ou aucune.
  • La quantité ou le prix glissés dans la fiche. Ils vivent dans la DPGF. Dans la fiche, ils créent une seconde source, qui diverge au premier changement.

Et Nodal, dans tout ça ?

Dans Nodal, chaque poste de la DPGF porte une fiche technique structurée : consistance, caractéristiques typées, mise en œuvre, localisation et repère au plan, produit de référence et clause d'équivalence, documents et justificatifs attendus, interfaces entre lots, points « à confirmer en chantier », sous-postes et plus-values, notes internes que l'entreprise ne voit jamais. La fiche se projette en descriptif en points, et les points à relire sont signalés avant l'envoi.

Le numéro d'article (01.2.3) se déduit de la position, ne se saisit jamais et s'imprime partout : page de garde et sommaire du PDF du descriptif, colonne « N° » de l'Excel de la DPGF, page de réponse de l'entreprise. 43 ouvrages types ont leur fiche composée par l'équipe, sans IA ; le catalogue de 57 normes sur 19 lots suit la liste du CSTB du 9 décembre 2025. En consultation, l'entreprise confirme avoir lu les descriptifs avant de saisir ses prix, et les retours se comparent poste à poste : disponible selon le forfait.

Notre conseil pour commencer : reprenez l'ouvrage le plus discuté de votre dernier chantier et réécrivez-le sur les dix champs. Le champ resté vide (souvent l'interface entre lots) vous dira quoi corriger, et la fiche devient votre premier modèle.

Article publié le 18 octobre 2026. Références normatives vérifiées le 18 octobre 2026 contre la liste des DTU publiée par le CSTB au 9 décembre 2025. Synthèse professionnelle, qui ne constitue pas un conseil juridique. Exemples à adapter à chaque projet.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une fiche technique d'ouvrage et une fiche technique produit ?

La fiche technique d'ouvrage est rédigée par le maître d'œuvre et décrit un ouvrage fini à réaliser, sans prix. La fiche technique produit est rédigée par un fabricant et décrit un produit du commerce. La seconde est un justificatif que la première demande à l'entreprise.

Faut-il une fiche technique pour chaque ligne de la DPGF ?

Oui pour chaque ouvrage : une ligne de prix sans fiche laisse l'entreprise chiffrer la qualité la plus basse qu'elle juge défendable. Les sous-postes et plus-values se rattachent à la fiche de leur ouvrage. Les frais de chantier (installation, nettoyage, DOE) relèvent des Généralités du lot.

Qui rédige la fiche technique quand il y a un bureau d'études ?

L'architecte d'intérieur rédige les fiches des ouvrages qu'il conçoit : cloisons, menuiseries, revêtements, agencement. Le bureau d'études rédige celles de sa spécialité (structure, fluides, électricité), intégrées dans le même CCTP avec la même numérotation. Les interfaces entre vos lots et les siens sont écrites des deux côtés.

Comment traiter un produit choisi par le client dans la fiche ?

Désignez-le comme produit de référence, suivi de « ou techniquement équivalent soumis au visa du maître d'œuvre », et notez en note interne que le choix vient du client, avec la date de sa validation. S'il fournit lui-même le produit, écrivez-le dans la consistance (pose seule) et dans les interfaces : qui réceptionne et stocke.

Que faire si l'entreprise propose un équivalent ?

Demandez la fiche technique du produit proposé et comparez-la, caractéristique par caractéristique, à votre fiche d'ouvrage. L'équivalence se juge sur ces valeurs, le prix vient ensuite. Acceptez ou refusez par écrit, avec le numéro d'article, et faites valider l'écart par le client s'il change l'aspect ou le coût.