L'essentiel en 30 secondes

  • Le devis est l'offre de l'entreprise : accepté par le client, il devient leur contrat de travaux, entre eux deux.
  • La DPGF est votre trame : lots, articles numérotés, unités, quantités, prix vides. Seule, elle n'a aucune valeur contractuelle.
  • Dès deux entreprises consultées, imposez la DPGF : sans trame commune, rien ne se compare.
  • Une seule entreprise de confiance sur un petit périmètre : un devis établi sur votre descriptif, numéros conservés, suffit.
  • L'un devient l'autre : l'entreprise remplit la DPGF et remet son devis, le client valide l'offre, puis signe avec elle. Jamais avec vous.

DPGF ou devis d'artisan : que demander, en résumé ?

Le devis est l'offre de prix de l'entreprise : accepté par le client, il devient leur contrat de travaux. La DPGF (décomposition du prix global et forfaitaire) est la trame que vous rédigez sans prix et que chaque entreprise remplit. Dès deux entreprises consultées, envoyez une DPGF. Avec une seule entreprise de confiance, un devis établi sur votre descriptif suffit.

Les deux documents ne s'opposent pas : l'un cadre, l'autre engage. En rénovation privée, vous n'êtes pas contractant général, chaque entreprise contracte avec le client. Votre contrat de mission vous confie, en phase AMT (assistance marché travaux, dans le vocabulaire du contrat CFAI), la consultation et l'analyse des offres.

Qu'est-ce qu'un devis d'artisan, juridiquement ?

Un devis est une offre de contrat. Tant que le client ne l'a pas acceptée, seule l'entreprise est engagée par son prix, pendant la durée de validité indiquée. Daté et signé par le client, il forme le contrat de travaux entre l'entreprise et lui : périmètre, prix, délai. Vous n'y êtes pas partie, même après l'avoir relu ligne à ligne.

Service-public.fr le résume sur sa page consacrée au devis obligatoire : le devis engage le professionnel dès que le client l'a accepté, et n'engage le client qu'à partir du moment où il le signe. Le contenu du contrat est libre dans les limites fixées par la loi (article 1102 du Code civil) ; quatre textes encadrent pourtant la pratique quand le client est un particulier.

  • L'information précontractuelle. Avant d'engager un consommateur, le professionnel lui communique les caractéristiques essentielles de la prestation, le prix, le délai d'exécution, son identité et les garanties légales (article L111-1 du Code de la consommation). Un devis détaillé couvre ces points ; une ligne « salle de bains, forfait » ne les couvre pas.
  • Le devis écrit préalable. Pour le dépannage, la réparation et l'entretien dans le bâtiment et l'équipement de la maison, l'arrêté du 24 janvier 2017 impose un devis détaillé avant toute prestation : nature des travaux, décompte en quantité et en prix, TVA, durée de validité. Une rénovation complète sort de ce champ ; l'usage, et votre intérêt, restent le devis écrit détaillé.
  • Le droit de rétractation. Un devis signé chez le client, en présence de l'entreprise, est un contrat conclu hors établissement : le client a quatorze jours pour se rétracter (article L221-18). Seuls les travaux d'entretien ou de réparation urgents, demandés expressément par le client, y échappent (article L221-28, 8°) : une rénovation n'est jamais urgente au sens de ce texte. Un démarrage avant la fin du délai suppose la demande expresse du client (article L221-25).
  • La TVA. Le devis porte le taux applicable, 10 ou 20 % selon les travaux et l'âge du logement (voir notre article sur la TVA des travaux). Une DPGF se compare en HT ; le devis engage en TTC.

Avant l'acceptation, vérifiez aussi l'entreprise elle-même : assurance décennale, attestations, immatriculation.

Cette section résume des textes publics, vérifiés le 18 octobre 2026 sur Legifrance et service-public.fr. Elle ne constitue pas un conseil juridique : pour un marché donné, faites relire le devis par un conseil.

Qu'est-ce qu'une DPGF en rénovation privée ?

La DPGF (décomposition du prix global et forfaitaire) est un tableau rédigé par l'architecte d'intérieur : lots, chapitres, articles numérotés, avec pour chaque article désignation, unité, quantité et une colonne de prix vide. Seule, elle n'a aucune valeur contractuelle ; elle en prend une, remplie, acceptée et annexée au marché signé entre l'entreprise et le client.

Le nom dit l'essentiel : le total de l'entreprise est un forfait, et la décomposition sert à le lire, le comparer et le suivre. Les quantités sont les vôtres, posées sur vos plans ; l'entreprise les vérifie et signale un écart avant de remettre son offre, pas après. Chaque article porte le numéro de l'article du CCTP qui le décrit : la DPGF dit combien, le CCTP dit comment.

Elle vit trois fois : trame de consultation, envoyée sans prix et identique à chaque entreprise ; pièce du marché, remplie, acceptée par le client et annexée au devis avec le CCTP et les plans ; référence de suivi pour les travaux supplémentaires et les situations. Le devis libre ne permet pas cette troisième vie : sans prix unitaires de référence, chaque travail supplémentaire se négocie à l'aveugle.

DPGF ou devis : quelles différences, point par point ?

Le devis est rédigé par l'entreprise, dans son format, avec ses quantités ; la DPGF est rédigée par vous, avec les vôtres. Le premier engage dès acceptation, la seconde n'engage qu'annexée au marché. Le premier se compare mal d'une entreprise à l'autre ; la seconde est faite pour cela, et reste utile pendant tout le chantier.

CritèreDevis d'artisan (libre)DPGF
Qui rédigeL'entreprise, dans son formatVous ; l'entreprise remplit les prix
QuandÀ tout moment, à la demande du client ou de l'architecteEn AMT, une fois le CCTP et les plans arrêtés
Qui fixe les quantitésL'entreprise, selon son métréVous ; l'entreprise signale un écart avant l'offre
Comparabilité entre entreprisesFaible : périmètres, unités et regroupements différentsForte : mêmes articles, mêmes unités, mêmes quantités
Valeur juridiqueOffre de contrat ; contrat une fois acceptée par le clientAucune seule ; pièce du marché une fois annexée au devis accepté
Suivi en cours de chantierDifficile : aucun prix de référence pour les travaux supplémentairesChaque travail supplémentaire se chiffre sur les prix unitaires retenus
Ce que le client litUn total, et des lignes qu'il ne sait pas comparerUn tableau par lot, le même pour toutes les entreprises, avec votre avis

À retenir : la DPGF ne remplace pas le devis, elle le précède et le structure. Le client signe le devis de l'entreprise retenue, établi sur la trame, pas la trame elle-même.

Trois situations réelles : que demander dans chaque cas ?

Trois cas reviennent dans les studios : une entreprise de confiance sur un petit périmètre, deux ou trois entreprises consultées sur un projet complet, un client qui impose ses artisans. Le premier appelle un devis sur descriptif, le deuxième une DPGF identique pour toutes, le troisième une DPGF allégée, qui garde une base de comparaison et de suivi.

1. Une entreprise de confiance, un petit périmètre

Studio de 26 m², peinture et sols, un peintre suivi depuis cinq chantiers. L'architecte envoie son descriptif numéroté (06.1 sol stratifié, 07.1 préparation des supports, 07.2 murs et plafonds, 07.3 boiseries) et demande un devis « sur ce descriptif, numéros conservés ». Le devis revient en quatre lignes numérotées, plus une mention « non compris : dépose de la moquette ». La ligne manquante est ajoutée avant l'acceptation du client.

2. Deux ou trois entreprises consultées

Appartement de 85 m², trois lots principaux, deux entreprises par lot. La même DPGF part aux six entreprises, sans prix, avec le CCTP et les plans, réponse sous trois semaines. Un plombier renvoie son propre devis à la place de la trame : l'architecte le reporte ligne à ligne dans la DPGF et note deux postes absents. Il est rare qu'un architecte d'intérieur solo ait plus de deux ou trois devis par lot : la trame identique est ce qui rend ces offres lisibles.

À retenir : dès deux entreprises, la DPGF n'est plus une option : sans elle, vous comparez des périmètres différents. Méthode complète dans notre guide de la consultation des entreprises.

3. Le client impose ses artisans

Maison de 140 m², le client amène son électricien et son carreleur. Aucune mise en concurrence possible, mais l'architecte envoie une DPGF allégée : les quinze lignes qui pèsent (tableau électrique, circuits par pièce, faïence et sol de la salle d'eau, chape, protection à l'eau sous carrelage), avec ses quantités. L'électricien la remplit ; ses prix sont lus contre l'estimatif de l'architecte, et les écarts expliqués au client avant qu'il accepte.
Dans Nodal, la DPGF part sans prix à deux entreprises ou plus, avec une échéance de réponse ; chaque entreprise confirme avoir lu les descriptifs, puis remplit ses prix dans la même trame, selon le forfait. Le détail est sur la page du module Devis & chiffrage.

Comment passer de la DPGF au devis signé ?

L'entreprise remplit la DPGF, puis remet son devis sur cette trame, avec les mêmes numéros d'article. Vous comparez poste à poste et proposez une attribution par lot, motivée. Le client valide l'offre retenue. Le devis est ensuite signé entre l'entreprise et le client, jamais par vous, et la DPGF retenue devient pièce du marché avec le CCTP et les plans.

  1. L'entreprise remplit la trame. Un prix par article, un total par lot ; une quantité contestée s'écrit en face de la ligne, avant l'offre.
  2. Elle remet son devis sur la trame. À son en-tête, numérotation de la DPGF conservée ; sinon, demandez une version alignée.
  3. Vous comparez poste à poste. Moins-disant par ligne, postes non chiffrés, écarts avec votre estimatif. Un total bas avec un poste manquant n'est pas un bon prix (voir notre méthode de comparaison des devis d'artisans).
  4. Le client valide. Vous présentez votre analyse et une proposition d'attribution par lot ; il valide l'offre retenue, par écrit, à une date. La décision est la sienne.
  5. L'entreprise et le client signent. Le devis accepté forme le marché, avec en annexe la DPGF remplie, le CCTP et les plans, et une clause d'ordre de priorité des pièces. Vous n'êtes pas signataire.
  6. Les écarts de quantité sont écrits avant la signature. La version signée porte la quantité retenue et la règle de règlement : forfait sur les quantités de la DPGF, ou métré pour les postes désignés.

BPU, DQE, DCE : pourquoi ces sigles des marchés publics ne vous servent pas en privé ?

Le BPU (bordereau des prix unitaires) liste des prix sans quantités ; le DQE (détail quantitatif estimatif) applique ces prix à des quantités estimées, dans un marché réglé au réel ; le DCE (dossier de consultation des entreprises) est le dossier complet d'un marché public. En rénovation privée, aucun de ces formats n'est requis : DPGF, CCTP et plans suffisent.

Ces pièces répondent au Code de la commande publique, qui ne s'applique ni à un particulier ni à un commerçant qui rénove sa boutique. Votre dossier de consultation tient en quatre éléments : CCTP, DPGF, plans indicés et une lettre fixant la date de réponse et les visites. Pas d'acte d'engagement : le devis accepté joue ce rôle. DPGF et DQE sont comparés dans notre exemple de DPGF.

Quelles sont les erreurs les plus fréquentes entre DPGF et devis ?

  • Comparer un devis libre et une DPGF ligne à ligne. Un devis « salle de bains complète » et une DPGF en douze articles ne décrivent pas la même chose : reportez d'abord le devis dans la trame.
  • Laisser l'entreprise modifier la trame. Une ligne supprimée, deux lignes fusionnées, une unité changée, et la comparaison tombe ; l'entreprise remplit et commente, elle ne réécrit pas.
  • Oublier les « non compris ». Le poste absent d'un devis n'est pas offert, il revient en travaux supplémentaires : lisez les exclusions avant les totaux.
  • Faire porter la DPGF par l'architecte comme contractant. Un devis établi à votre nom, ou signé par vous, fait de vous une partie au marché de travaux ; le devis est au nom du client, signé par lui.
  • Aucune échéance de réponse. Sans date, les premières offres sont périmées quand la dernière arrive : fixez une date, et rappelez-la.

Et Nodal, dans tout ça ?

Dans Nodal, la DPGF et le CCTP sont le même document : un arbre lots, chapitres, postes, un interrupteur « DPGF (chiffré) / Descriptif technique », et un numéro d'article dérivé (01.2.3) imprimé partout, du PDF du descriptif à la page de réponse de l'entreprise. La trame part sans prix à au moins deux entreprises, avec une échéance ; chaque entreprise confirme avoir lu les descriptifs avant de répondre, saisit ses prix dans la trame et peut ajuster une quantité (un écart supérieur à 15 % est signalé, jamais jugé).

Les retours se comparent poste à poste, l'attribution se fait par lot, et le client valide l'offre retenue par un accord horodaté. Le lot est ensuite figé ; les travaux supplémentaires sont tracés sur la même trame. Consultation, comparaison et accord client sont disponibles selon le forfait.

Notre conseil pour commencer : sur votre prochain projet, même avec une seule entreprise, envoyez votre descriptif numéroté et demandez un devis « sur ce descriptif, numéros conservés ». Vous aurez une base de suivi sans changer vos habitudes, et la DPGF viendra d'elle-même au projet suivant.

Article publié le 18 octobre 2026. Références juridiques vérifiées le 18 octobre 2026 sur Legifrance (Code civil, Code de la consommation, arrêté du 24 janvier 2017) et service-public.fr. Synthèse professionnelle qui ne constitue pas un conseil juridique : chaque marché est à relire avec le contrat de l'entreprise et, en cas de doute, avec un conseil.

Questions fréquentes

Une DPGF est-elle obligatoire en rénovation privée ?

Non. Aucun texte n'impose de DPGF à un particulier ni à un commerçant qui rénove : le contenu du marché est libre dans les limites de la loi. Elle devient indispensable dès que vous consultez deux entreprises : elle seule rend les offres comparables poste à poste et donne des prix de référence pour le suivi.

Un devis d'artisan peut-il remplacer la DPGF ?

Oui, dans un cas : une seule entreprise de confiance, un petit périmètre, un devis établi sur votre descriptif numéroté, avec ses « non compris » relus. Dès deux entreprises, non : chacune décrirait son propre périmètre, et vous compareriez des totaux qui ne couvrent pas la même chose. Le devis de l'entreprise retenue reprend alors la trame.

Qui signe quoi entre l'architecte, le client et l'entreprise ?

Le client signe le devis de l'entreprise : ce devis accepté est le marché de travaux, entre eux deux. L'architecte d'intérieur ne signe ni le devis ni la DPGF ; il rédige la trame, analyse les offres et recueille la validation écrite et datée du client. Son propre contrat avec le client est le contrat de mission, distinct du marché de travaux.

Que faire si une entreprise refuse de remplir la DPGF ?

Demandez d'abord pourquoi : trame trop longue, quantités contestées, habitude du devis libre. Proposez qu'elle remette son devis avec vos numéros d'article, puis reportez vous-même ses prix dans la trame avant de comparer, en notant les postes absents. Si elle refuse aussi cela, écartez-la : son prix sera difficile à suivre en chantier.

La DPGF sert-elle encore une fois le marché signé ?

Oui. Annexée au devis accepté, elle devient la référence des prix unitaires : chaque travail supplémentaire se chiffre sur ces prix, chaque moins-value sur la ligne supprimée, et chaque situation de travaux se lit lot par lot contre le marché. Sans elle, le suivi financier du chantier repose sur des totaux que personne ne sait décomposer.